Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance d’assister à la projection équipe du film  « Microbe et Gasoil » réalisé par Michel Gondry avec, dans les rôles principaux, Théophile Baquet, Ange Dargent et Audrey Tautou. Un événement en toute intimité, dans une très belle salle de St Germain, avec un réalisateur ému de nous présenter sa nouvelle œuvre. Il nous a d’ailleurs confié avant la projection qu’il s’agissait de son tournage « le plus cool » et qu’il avait très envie de tourner à nouveau avec ces jeunes acteurs.

Synopsis : Les aventures débridées de deux ados un peu à la marge : le petit « Microbe » et l’inventif « Gasoil ». Alors que les grandes vacances approchent, les deux amis n’ont aucune envie de passer deux mois avec leur famille. A l’aide d’un moteur de tondeuse et de planches de bois, ils décident donc de fabriquer leur propre « voiture » et de partir à l’aventure sur les routes de France..unnamed

Mon avis : Le film est un véritable enchantement. Gondry nous transporte, comme il sait si bien le faire, dans son univers tant onirique que créatif. Un retour à l’enfance, ou plutôt à l’adolescence, à travers une très belle amitié que l’on voit se construire, pleine de questionnement mais aussi d’ambition. Un voyage, au sens propre comme au figuré, que ces deux jeunes surdoués mènent avec intelligence et insouciance (oui les deux ne sont pas incompatibles) et qui nous attendrît tout au long du film, sans jamais tomber dans le ridicule. Une façon de penser et d’agir différemment que leurs petits camarades associée à une quête de liberté partagée, pour se transformer en une jolie relation d’amitié. Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce film à la fois tendre et espiègle, qui a le mérite de rentrer avec brio dans les rêves de jeunes en plein questionnement, sans se limiter à un public d’ados pour autant.

J’ai egalement eu l’honneur de rencontrer Michel Gondry fin de semaine dernière, accompagné des deux jeunes protagonistes du film, Théophile Baquet et Ange Dargent. L’occasion de discuter un peu avec eux sur la préparation, le tournage mais aussi leurs impressions et ressentis avec un peu plus de recul.

Microbe & Gasoil

Le tournage a commencé en août dernier et s’est terminé fin octobre 2014. Ange nous a immédiatement confié qu’il avait adoré tourné ce premier film. Ce n’était pas du tout comme il l’avait imaginé, il avait l’impression d’être en vacances et s’est senti vraiment attristé lorsque tout s’est terminé. Pour Théophile, il ne s’agissait pas de son premier tournage mais il a apprécié le fait que ce soit une plus petite équipe, d’une trentaine de personnes pendant les prises de vue.

Nous avons également demandé à Michel Gondry comment il avait choisi ces deux acteurs, il nous a répondu que cela s’était fait en casting sauvage, et que lors des dernières étapes, il avait senti une alchimie entre les deux comédiens. Cela s’était instauré naturellement entre eux, il y avait une vraie dynamique, une véritable énergie.

Microbe & Gasoil

Michel Gondry nous a avoué qu’il n’avait pas envie de faire un film pour les adolescents ou sur une époque bien précise (tournée dans les années 2000 par exemple) mais plutôt sur l’amitié, celle qui est intemporelle. Et cette histoire autour de la maison-voiture, justement, il l’avait eue avec un ami mais ils ne l’ont jamais construite. C’était donc une façon pour lui de réaliser son rêve de gosse.

Enfin, les deux jeunes comédiens, très enjoués par cet échange, nous ont proposé une petite visite de leur fameuse cabane roulante, et ont même retrouvé des souvenirs de tournage à l’intérieur. Une jolie façon de clore cette rencontre, en ayant l’impression de faire nous aussi un peu partie du film.

MY INSTAGRAM / FACEBOOK / TWITTER / PINTEREST

Après Londres, direction Cabourg ! En effet, je m’y suis rendue vendredi soir dernier, dans le cadre de la 29ème édition de son festival du film romantique. Et je dois vous avouer que c’était une toute première pour moi qui n’avais encore jamais mis les pieds en Normandie (oui, cela paraît étonnant mais c’est bien la vérité) !

Devenu un événement incontournable du cinéma français, le festival a accueilli plus de 12 000 personnes pendant cinq jours pour des projections en salles ou en plein air de films ayant pour thème central le Romantisme.

Cabourg Film Festival

Et qui dit romantisme dit forcément Grand Hôtel de Cabourg. Situé les pieds dans l’eau, cet hôtel mythique fut immortalisé par Marcel Proust, notamment grâce son oeuvre « A la recherche du temps perdu ». Sans oublier qu’il y séjourna pendant sa période d’écriture entre 1907 et 1914. C’est de là qu’est née, d’ailleurs, la tradition des madeleines à Cabourg (je suis repartie avec un petit paquet et je peux vous dire qu’elles étaient exquises).

Nous avons donc eu la chance de déjeuner au restaurant gastronomique de l’hôtel, en front de mer. Un cadre exceptionnel, très chic et une cuisine gourmande mais aussi inventive, comme vous pouvez le constater sur mes photos. Nous avons même eu l’honneur de rencontrer le chef, Jérôme Lebeau, qui est venu nous saluer en fin de repas et voir si nous avions apprécié ses plats. Nul doute, tout était délicieux.

CABOURG2

Le déjeuner terminé, nous nous sommes rendus dans un petit cinéma afin d’assister à une projection, celle du film Les Chaises Musicales, premier long métrage de la réalisatrice Marie Belhomme avec Isabelle Carré et Philipe Rebbot, entre autres.

Synopsis : Perrine est une musicienne presque professionnelle. Elle vit seule et anime des goûters d’anniversaires, ou les gâche, c’est selon. Par accident, elle fait tomber un homme dans la benne d’une déchèterie. L’inconnu est dans le coma, mais Perrine est prête à tout pour qu’il se réveille. Elle s’immisce dans sa vie pour le découvrir, mais profite aussi de l’occasion pour lui emprunter son boulot, son appartement, son chien… Mais surtout, elle tombe amoureuse…

Le film était drôle et frais. J’adore Isabelle Carré que j’ai trouvé parfaite dans ce rôle, avec un jeu toujours juste. Nous avons même pu échanger avec les équipes après la projection, qui ont semblé avoir pris beaucoup de plaisir à tourner ce film. D’ailleurs, la réalisatrice nous a confié que le film devait d’abord s’intituler « Les gens qui doutent »… Si vous voulez voir la bande annonce, c’est par ici !

Cabourg Film Festival

Je suis ensuite rentrée au Grand Hôtel pour me preparer car le soir-même avait lieu la cérémonie de clôture du festival (ainsi que le tapis rouge et la remise des prix).

J’ai été accueillie comme une princesse dans la suite 302 qui appartenait à Dr Hauschka, dont je vous parle souvent ici. En effet, la marque de cosmétiques était partenaire officiel du festival et maquillait toutes les actrices, journalistes et autres personnalités pendant l’événement. Après m’avoir appliqué des soins sur le visage, l’adorable maquilleuse m’a demandée ce que j’imaginais pour ce soir. On ne se rend pas tous les jours sur un tapis rouge, donc j’en ai profité pour lui suggérer quelque chose d’assez fort, un vrai maquillage de soirée, avec des yeux charbonneux. Quant à la bouche, je ne la voulais pas nude mais pas trop maquillée non plus.

Je suis ensuite passée de l’autre côté de la suite, où se trouvaient les équipes de coiffure de Franck Provost. J’ai à nouveau été très bien accueillie et l’on m’a immédiatement demandée ce que je souhaitais. Je voyais quelque chose de doux et romantique (comme le thème du festival). Nous avons donc opté pour des boucles souples et de petites tresses de chaque côté, afin de dégager le visage.

En ce qui concerne ma tenue, je portais une belle robe fluide Roseanna, un très joli (et fin) collier de chez Dannijo ainsi que mes sandales couleur soleil de Karine Arabian que je ne vais pas quitter de l’été J’avais choisi cette tenue, fleurie et aérienne, pour être également accord avec le festival.

Cabourg Film Festival

Me voilà prête à fouler le tapis rouge ! Je dois vous avouer que c’était très impressionnant (plus qu’à Cannes même). En effet, nous avions toute la place pour avancer jusqu’au Casino (là où se tenait la cérémonie de clôture), beaucoup de temps était laissé entre chaque groupe et tous les gens nous scrutaient, nous interpellaient et nous prenaient en photo. On m’a même demandé des autographes à plusieurs reprises (je leur ai répondu en souriant que je n’étais pas actrice). Mais ce tapis rouge était assez magique et j’ai profité du moment à fond.

Cabourg Film Festival

Cabourg Film Festival

Une fois arrivés au Casino, nous avons pris place, avant que la Cérémonie de Clôture ne débute. Deux jurys composés de professionnels et de cinéphiles étaient présents, mais aussi un jury de lycéens de Basse-Normandie et du public qui récompensaient aussi certains prix.

Cette remise des prix fut accompagnée de la prestigieuse cérémonie des Swann d’or. Le comité des Swann d’or du Festival honore ainsi d’un Swann d’Or la révélation féminine et masculine, la meilleure actrice, le meilleur acteur romantique et le meilleur film romantique de l’année.

Voici le palmarès en question :

Révélation féminine : Joséphine Japy dans Respire de Mélanie Laurent
Révélation masculine : Kévin Azaïs dans Les Combattants de Thomas Cailley
Meilleure actrice : Anaïs Demoustier dans À trois on y va de Jérôme Bonnell
Meilleur acteur : Benoît Magimel dans La Tête haute d’Emmanuelle Bercot
Meilleur Film : Caprice d’Emmanuel Mouret
Meilleur réalisateur : Arnaud Desplechin pour Trois souvenirs de ma jeunesse
Meilleure premier film : Clovis Cornillac pour Un Peu, Beaucoup, Aveuglément
Coup de coeur : Michel Legrand

Cabourg Film Festival

Cabourg Film Festival

C’est d’ailleurs ce dernier Swann, celui du coup de coeur, qui fut le moment le plus fort de la soirée. Michel Legrand, grand compositeur, de films notamment (on peut même dire qu’il a inventé la comédie musicale à la française en travaillant de nombreuses fois sur des films de Jacques Demy, dont mon préféré Peau d’Ane) a invité son épouse sur scène. En effet, il a demandé à l’actrice Macha Méril de le rejoindre et tous deux nous ont raconté leur belle histoire d’amour. Ils s’étaient rencontrés cinquante ans auparavant mais ne pouvaient se fréquenter à ce moment-là car engagés l’un et l’autre. Finalement, c’est l’an dernier qu’ils se sont retrouvés (tous deux séparés) et qu’ils ont décidé de se marier. Ce récit était très beau et émouvant.

Cabourg Film Festival

Une fois la cérémonie terminée, nous avons tous diné dans le Casino, puis nous sommes retournés du côté du Grand Hôtel. Tout le monde s’est rassemblé au bar, autour d’un piano, Jeanne Cherhal s’est mise à jouer et à reprendre les tubes de Véronique Sanson, Emmanuelle Béart a également poussé la chansonnette. Une très belle fin de festival…

MY INSTAGRAM / FACEBOOK / TWITTER / PINTEREST

Comme je l’écrivais hier sur mon précédent billet, j’ai eu la chance d’assister à deux très belles projections lors de mon séjour à Cannes pendant le festival. La première fut celle du film « Nahid » de la réalisatrice iranienne Ida Panahandeh nommé dans la catégorie « Un Certain Regard ». La seconde quant à elle concernait le film « La Tierra Y La Sombra » du réalisateur colombien César Acevedo présenté à la Semaine de la Critique. Pour info, chacun de ces longs-métrages était une première pour les deux cinéastes étrangers.

chronique cine

Les réalisateurs sont d’origine et de sexe différents, ils sont sélectionnés dans deux catégories bien distinctes et pourtant j’ai retrouvé dans les deux films des points communs assez troublants. La pudeur tout d’abord, de plus en plus rare dans notre cinéma contemporain, mais aussi l’émotion qui se dégage de ces histoires poignantes, celles de familles bouleversées et ce, dans des contrées qui nous sont pourtant inconnues.

Je vais commencer par vous parler du film iranien, que j’ai pu voir le jour de mon arrivée : « Nahid ». Vous imaginez bien que, vu mes origines, j’étais déjà très impatience de pouvoir assister à cette projection. 🙂

Synopsis : Nahid, jeune divorcée, vit seule avec son fils de 10 ans dans une petite ville au bord de la mer Caspienne. Selon la tradition iranienne, la garde de l’enfant revient au père mais ce dernier (un ancien toxicomane) a accepté de la céder à son ex femme à condition qu’elle ne se remarie pas. La rencontre de Nahid avec un nouvel homme qui l’aime passionnément et veut l’épouser va bouleverser sa vie de femme mais aussi de mère.

Nahid-d-Ida-Panahandeh

Mon avis : Un film social fort, dur par moment mais aussi juste et très touchant. La réalisatrice iranienne se veut porte-parole de la condition féminine dans son pays. Sans trop en faire, elle nous invite dans le quotidien de cette femme indépendante qui va se trouver bouleversé par sa volonté de défier les lois rétrogrades du pays et de résister aux pressions familiales qui l’encerclent. J’ai beaucoup aimé la pudeur des sentiments exprimés, une sorte de lyrisme romantique (sans tomber dans le niais pour autant) que l’on a perdu ici, dans notre cinéma occidental. J’ai adoré la mise en scène et le jeu des acteurs, très réaliste et jamais surjoué. On entre véritablement dans la vie de ces familles iraniennes, dont les soucis et problématiques peuvent nous sembler étranges, à nous, autres français, mais qui font partie intégrante de leur culture et de leur moeurs. L’actrice principale, Sareh Bayât (qui jouait le rôle de la femme de ménage dans « Une Séparation » d’Asghar Farhadi) crève franchement l’écran !

1119990_cannes-2015-le-prometteur-nahid-de-ida-panahandeh-web-tete-02172688480

Venons en maintenant au film colombien La Tierra Y La Sombra présenté à la Semaine de la Critique.

Synopsis : Alfonso est un vieux paysan qui revient au pays pour se porter au chevet de son fils malade. Il retrouve son ancienne maison, où vivent encore celle qui fut sa femme, sa belle-fille et son petit-fils (qu’il n’avait jamais vu). Il découvre un paysage apocalyptique, le foyer est cerné par d’immenses plantation de cannes à sucre dont l’exploitation provoque une pluie de cendres continue. 17 ans après avoir abandonné les siens, Alfonso va tenter de retrouver sa place et de sauver sa famille.

tierraysombra3

Mon avis : Je vous le dis tout de suite, ce film est bouleversant. A tel point que j’ai eu les larmes aux yeux à trois reprises (ce dont je n’ai pas forcément l’habitude). Je vous préviens également, je l’ai trouvé très mélancolique. On suit cet homme dans un contexte dramatique, celui de ses tristes retrouvailles avec sa famille. On entre également dans la vallée du Cauca en Colombie, où l’on découvre le dur quotidien d’un peuple, avec leurs problèmes sociaux. Les deux vont s’entremêler et créer l’intrigue autour de ce malheureux foyer. Le réalisateur nous racontait avant le début de la projection que son film était le fruit d’une période douloureuse de sa vie. On le sent et l’on vit cette douleur avec un sentiment de malaise présent tout au long de l’oeuvre entre les personnages, avec des plans séquences « permettant de rendre palpable leur enfermement ». A côté de cela, nous sommes témoins de scènes terriblement poétiques, de plans presque magiques, avec un sens de l’esthétique et une maitrise de la caméra évidents. Un ascenseur émotionnel qui rend le film beau et poignant, mais dont on ne sortira pas indemne.

tumblr_nn7jd3vGW41te69zpo2_1280

Les deux films m’ont ainsi intimement marquée pour plusieurs raisons :
Leur profondeur tout d’abord, tant par les thèmes qu’ils abordent que par la façon dont ils les traitent. Pauvreté, limites du système médical ou encore problèmes industriels pour la Colombie. Drogue, condition de la femme et réalité d’une société en mutation pour l’Iran. Chaque région a ses fléaux et les deux réalisateurs ont su mettre le doigt sur ceux de leur pays respectifs, les dénonçant de façon précise et subtile.
Les personnages, quant à eux, sont tous extrêmement humains et authentiques, en partie grâce au jeu des acteurs qui interprètent chacun leur rôle d’une justesse remarquable.
Et enfin, le talent des équipes de film, qu’elles soient devant ou derrière les caméras et qui ont su faire de ces histoires ordinaires des récits extraordinaires.

MY INSTAGRAM / FACEBOOK / TWITTER / PINTEREST

Hier, j’ai eu la chance d’assister à la retransmission de l’ouverture du Festival de Cannes (en direct d’une salle de cinéma parisienne) suivie de la projection du film La tête haute réalisé par Emmanuelle Bercot Avec Catherine Deneuve, Rod Paradot, Benoît Magimel et Sara Forestier. Voici la bande-annonce :

XVMb7f7bace-f978-11e4-8cb8-c1550e5a1f92

Synopsis : Le parcours éducatif de Malony, de six à dix-huit ans, qu’une juge des enfants et un éducateur tentent inlassablement de sauver.

Capture d’écran 2015-05-14 à 12.34.28

Mon avis : Le film est prenant et le sujet très bien traité. Le jeu des acteurs est d’une belle justesse et les scènes vraiment réalistes. On vit avec Malony l’engrenage qu’il subit depuis tout petit, sa descente dans la délinquance, sa difficulté à remonter la pente mais aussi l’incapacité de sa mère à s’occuper de lui. Sara Forestier joue extrêmement bien ce rôle là, celui d’une mère totalement dépassée et irresponsable. Heureusement que la juge pour enfants est présente pour lui donner un semblant d’autorité, interprétée par une Catherine Deneuve à la fois ferme et bienveillante. A ses côté, son nouvel éducateur joué par Benoit Magimel, qui tente lui aussi de le faire revenir sur le droit chemin, non sans complications. Des rebondissements se font sentir tout au long du film, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Ce que j’ai pourtant regretté, c’est sa deuxième partie. En effet, la mise en place de l’intrigue est bien faite, mais la suite perd un peu en pertinence. Quelques scènes surfaites et une fin trop facile pour moi. On notera cependant la performance de Rod Paradot, révélation de ce film, qui interprète Malony et qui débute parfaitement sa jeune carrière.

 MY INSTAGRAM / FACEBOOK / TWITTER / PINTEREST